C'est grâce aux agendas
Oberthurs que j'ai connu
Miss-tic, enfin ses
dessins. Quelques recherches sur
Google et je découvre une partie de l'univers de cette artiste
originale qui "
peint dans la rue" grâce à plusieurs sites, vidéos, interviews, etc...
Curieuse de nature, je demande une
interview pour découvrir un peu plus la personne cachée derrière ce drôle de pseudonyme. Sans y croire vraiment. Oh surprise, l'interview est acceptée ! Et c'est par un bel après-midi de septembre que mon rendez-vous téléphonique avec
Miss-tic à lieu.
Mais d'abord
Miss-tic, d'où ça vient ? Dans l'univers de Disney,
Miss-Tic est le nom de la
sorcière qui essaye par tous les moyens de récupérer le premier sous de
Picsou : «
Je lisais ça quand j'étais petite. Et Miss-tic c'est quand même plus sexy que Pif Gadget » explique l'intéressée en riant.
Dans le début des
années 80,
Miss-tic part en Californie aux Etats-Unis, «
J'ai beaucoup trainé à l'Art Institut de San Francisco, je faisais de la vidéo ». C'est donc à la naissance de la vidéo mais aussi du mouvement hip-hop auxquels elle assiste pendant son voyage : «
Il y avait aussi de grands murs peints, c'était très impressionnant ! » Pendant son séjour ,
Agn
ès
Vard
a tourne le film
Mur, murs , documentaire sur la ville de L
os Angeles à travers ses murs peints justement. Alors l'idée
de "dessiner" dans la
rue elle vient de là ? Pas tout à fait, «
Les élèves des Beaux- Arts (à Paris, Miss-tic est rentrée en 1983 ndlr) commençaient à exposer dans la rue et s'amusaient à détourner des affiches » . Voyant alors d'autres personne à l'
½uvre,
Miss-tic se dit qu'elle aussi, elle pourrait faire quelque chose. Ce sera donc des
pochoirs...
Le premier qui est remarqué «
était un hommage à Bruno Sullac, un cambrioleur tué dans une course-poursuite ». Ce sont les médias qui le repèrent et au début, ils ont «
cru à un groupe » raconte l'artiste. Aujourd'hui
Miss-tic continue toujours ses pochoirs : des images
féminines (...mais pas que, parfois les figures présentes ne représentent pas des femmes mais c'est plus « rare » ndlr) inspirées des magazines accompagnées d'une phrase souvent avec un
jeu de mot, généralement avec une pointe d'hum
our et toujours pleine de
poésie. Car
Miss-tic manie aussi bien les pochoirs que la langue fr
an
çaise, ce qui fait son style
unique en son genre.
Mais sinon, concrètement comment est créé un pochoir ? D'abord un
dessin inspiré des filles vu dans les magazines de mode . «
Mais c'est un travail subjectif. Il y a une marge d'impro', d'inconscient... Je laisse le côté analyse aux profs et aux universitaires » fait remarquer
Miss-tic. Puis à partir du dessin, l'artiste fait une découpe dans un carton (après avoir recopié ou collé son dessin préparatoire), on appelle cela une
matrice. Et c'est à partir de cette matrice, que le
pochoir est réalisé : «
c'est un peu comme une empreinte ».
Miss-tic poche sur les murs de Paris mais aussi sur d'autres matériaux, elle travail avec du b
ois, des t
aules, des t
oiles, du p
apier, fait esta
mpes et
gravures...
Miss-tic en plus de la rue, utilise les
galeries pour montrer son
travail. «
Ca ne me dérange pas que les pochoirs dans la rue soient effacés mais j'aime aussi faire des choses durables » explique t'elle. C'est pourquoi elle
expose, fait des livres, des tableaux... «
Les galeries et le reste, c'est avant la rue. La rue n'existerait pas si il n'y avait pas le travail de l'atelier. Mais j'ai besoin de tout... A la limite je préfère me séparer de la rue que de l'atelier, c'est mieux quand c'est exceptionnel. » rajoute l'artiste.
En parlant du
travail de la rue, si
Miss-tic fait des formats «
moyens » pour ses pochoirs elle fait aussi des murs totalement peints et inspirés d'une «
½uvre-pochoir ».
Miss-tic a son clin d'½il politique depuis les élections de
1988 : «
c'est le seul moment où j'en fait , c'est un peu de la caricature comme dans les journaux » . Et
Miss-tic n'a pas l'intention de changer son
style : «
Je pousse le plus loin possible dans ce qui me plait. C'est déjà compliquer pour un artiste de trouver un style donc je ne suis pas prête à réinventer quelque chose de nouveau, alors que j'ai déjà mis 20 ans à faire mon nom » . Heureusement pour nous, qui allons encore nous
régaler avec ses cr
éati
ons.
Une dernière question
avant de raccrocher :Que pense
Miss-tic de l'évolution du
street art aujourd'hui ? Réponse de l'
intéressée : «
Y a des trucs bien, des truc moins biens... Les uns ont du talents, d'autres sont des grosses crottes. C'est quelque chose qui produit beaucoup, qui est très riche... Alors il y a de très bonnes choses et d'autres moins bien au théâtre, en peinture ou en musique par exemple » .
Un peu plus... : Le site de
Miss-tic (avec dates expos, photos des pochoirs, etc...) :
◘ Le
MUR (
association Modulable , Urbain, Réactif ) propose à des artistes du street art "
d'exposer" une de leurs oeuvres sous le format d'une
publicité. Les oeuvres et artistes défilent donc
au croisement de la rue St Maur et de la rue Oberkampf dans le
II arondissement parisien.
A voir
ici pour les non-parisiens
:D .
Image : Apostrophe Hotel (Apostropphe Hotel est un hotel situé à Paris. Un hotel un peu "spécial", un peu "artiste" d'où la présence sur le site de blogs sur la vie culturelle de Paris et donc de Miss-Tic. J'étais la première étonnée mais je serais pas contre un petit séjour dans celui-ci si un jour j'en ai la possibilitée.... En tout cas le site, pour un hotel, mérite le coup d'oeil !)